« La Nuit du Droit » affiche complet à Cusset

Jeudi 4 octobre, le Tribunal de Grande Instance de Cusset a ouvert ses portes au public à l’occasion de la deuxième édition de la « Nuit du Droit ». Instaurée en 2017, cette manifestation vise à mieux faire connaître le droit, ses institutions et ses métiers. La petite ville bourbonnaise a opté pour une soirée-débat autour des relations entre médias et justice. Retour sur les moments forts de l’événement.

C’est un succès retentissant pour la « Nuit du Droit » qui a lieu au Palais de Justice de Cusset pour la toute première fois. La salle étant pleine à craquer, certains assistent au débat depuis le box des accusés. Des invités issus du monde médiatique et judiciaire se sont déplacés pour l’occasion, à l’instar des bâtonniers Gilles-Jean Portejoie et Bernard Truno (en charge de l’animation de la soirée) ou encore Elsa Charnay et Pierre Giraudie, journalistes à « La Montagne ». Mais la grande star de la soirée, c’est incontestablement Dominique Rizet, journaliste expert en affaires judiciaires qui officie actuellement sur la chaîne d’informations en continu BFMTV.

La soirée débute par une introduction portée sur Albert Londres, le journaliste et écrivain originaire de Vichy connu pour ses reportages engagés, dont certains ont contribué à de grandes avancées en matière judiciaire. Puis c’est un débat autour des relations entre la presse et la justice qui suit.  Le bâtonnier Gilles-Jean Portejoie se prête au jeu de l’humour en faisant part de quelques anecdotes ubuesques, tandis que Dominique Rizet préfère jouer carte sur table. Il revient sur les diverses affaires judiciaires médiatisées auxquelles il a participées, notamment sur la tuerie de Chevaline (quadruple assassinat qui a eu lieu le 5 septembre 2012 sur le bord d’un chemin forestier situé dans la commune de Doussard en Haute-Savoie) et la récente capture de Redoine Faïd, le fugitif le plus recherché de France. Le journaliste évoque alors certaines méthodes peu orthodoxes employées par les médias pour se procurer des informations.

Dominique Rizet est notamment connu pour avoir conanimé l’émission de télévision « Faîtes entrer l’accusé » sur France 2 entre 2000 et 2011. 

Dans la salle, de nombreuses mains se lèvent pour poser des questions, dont la plupart s’adressent à Dominique Rizet. Des voix s’élèvent et s’offusquent devant les propos parfois crus du journaliste. Celui-ci se défend alors : « BFMTV est une chaine d’informations en continu. On a besoin de raconter des choses ». Selon lui, les affaires judiciaires relayées par les médias permettent de lancer le débat sur la politique judiciaire actuelle. Il fait notamment référence à l’évasion de Redoine Faïd : « Si Faïd s’évade, c’est parce qu’il a été condamné à 53 ans de prison alors qu’il n’en a que 43. Une question se pose alors : une telle condamnation a-t-elle du sens ? ».

Il est aussi question des différences de traitement de l’information selon le média et sa portée médiatique. Selon Pierre Giraudie, journaliste à la Montagne : « Dans la presse locale, nous révélons l’information avec loyauté. On ne cherche pas à faire du sensationnalisme mais à expliquer les choses de manière factuelle ».

Tous les invités s’accordent sur un point : la justice et les médias sont étroitement liés. Une enquête peut être polluée par sa surmédiatisation mais dans certains cas, cette dernière peut contribuer à faire avancer les choses. C’est Eric Neveu, procureur de la République de Cusset qui résume au mieux le débat : « la presse est aveugle sans la justice et la justice est sourde sans la presse ».

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