Quand Éole souffle sur le Bourbonnais !

Plusieurs projets éoliens s’apprêtent à voir le jour en Allier malgré l’inquiétude persistante des habitants et bien que les élus locaux désapprouvent une prolifération anarchique des éoliennes. Selon les associations anti-éoliennes du département, 200 à 250 mâts pourraient devenir les nouveaux phares d’une civilisation écolo’ en Allier. Dans le Bourbonnais comme ailleurs, les terres sont aujourd’hui en proie aux convoitises marchandes et industrielles de sociétés, pour qui, le secteur éolien apparaît économiquement viable … surtout pour leur compte en banque ! 

L’Anarchisme éolien règne en Allier

La société Nordex, spécialiste de l’éolienne depuis sa création en 1985 à Give au Danemark, peut d’ores et déjà se frotter les mains au regard des retombées économiques dont elle s’apprête à jouir en profitant abondamment du tournant environnementale prit par la France. Ayant remportée bon nombre de marchés sur le sol français, elle souhaite installer d’ici 2020 entre 4 et 8 turbines au lieu-dit « Le Grand champ » (03), à cheval sur Noyant-d’Allier et Gipcy. Plusieurs projets éoliens sont portés dans le département – notamment sur la commune de Mars-sur-Allier – par cette société dont le siège est localisé à Hambourg en Allemagne. 

Les espaces boisés ne sont pas plus épargnés. La Forêt des Colettes (03), qui s’étend principalement sur les communes d’Echassières, de Lalizolle et de Bellenaves, pourrait devenir le théâtre d’implantations d’aérogénérateurs de 200 mètres de hauteur malgré son classement Natura 2000 et en ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Flauristique). 

Les élus locaux, quant à eux, ne semblent pas pouvoir faire le poids face à cet appétit industriel soutenue par l’État. La défense de l’intérêt des régions semble absente d’une volonté gouvernementale souhaitant imposer le tout éolien à travers l’ensemble du territoire français. Pour preuve, à Andelaroche (03) – commune située à l’est du département – une autorisation a été signée par la Préfecture pour l’implantation d’éoliennes par la société française ABO Wind alors que le conseil municipal et les élus communautaires ont voté contre. 

« Société, tu m’auras pas » !

Pourtant, en juin 2018, le Conseil départemental de l’Allier – qui n’a aucune compétence en la matière – présidé par Claude Riboulet (Union des Démocrates et Indépendants) a voulu avoir voix au chapitre. A l’instar de nombreux conseils départementaux en France, une motion a été transmise au gouvernement incitant à la préservation du patrimoine bourbonnais qui semble aujourd’hui menacé au nom du respect environnemental. 

Les associations anti-éoliennes s’en sont félicités. Malgré tout, leur lutte se poursuit car pas moins de 1000 éoliennes sont prévues en Auvergne d’ici trois ans. Leur combat sera rude car depuis le 29 novembre 2018, le décret ‘’de Rugy’’ interdit dorénavant aux « associations et riverains de contester les défauts des permis éoliens au Tribunal Administratif ». 

Si l’Etat espère visiblement muselée toute contestation possible, les associations se sont fait entendre lors d’une manifestation départementale (« Non au saccage : dite non à la démesure éolienne ») organisée le Samedi 19 janvier à Saint-Pourçain-sur Sioule (O3). Plus de quarante associations se sont réunies lors de cette marche dénonçant « des projets lancés par des entreprises privées et, cela sans aucune réflexion, ni consultation avisée des populations ».

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