Grand débat : Rendre la parole aux femmes isolées

Jeudi 7 mars 2019 se tenait une réunion atypique intégrée dans la démarche du grand débat à la préfecture de Clermont-Ferrand : conférence inversée, témoignage de mères isolées et familles monoparentales. Les pouvoirs publics d’un côté, seulement présent pour écouter et les femmes d’un autre pour témoigner de leurs situations.

Donner la parole à des femmes en colère ? C’est là tout le pari réussi de la préfète du Puy de Dôme Anne Gaëlle Baudouin-Clerc. A la demande de Marlène Schiappa, il est essentiel d’intégrer les femmes au grand débat et cela tient à coeur à la ville de Clermont-Ferrand qui se veut novatrice d’un tel évènement.

Ces femmes ne se rendent pas aux réunions conventionnelles, et pour cause, la garde de leurs enfants et le regard de la société. Comme en témoigne Emilie et Marie France, le plus difficile lorsqu’on élève un enfant, seule, c’est d’avoir une vie sociale, une vie participative et d’être intégrée en société. La garde des enfants est une plainte qui revient souvent. « Comment trouver un travail, lorsqu’on n’a personne pour garder nos enfants rien que pour se rendre à l’entretien d’embauche ? » Les témoignages se suivent et les histoires se ressemblent. Des femmes abandonnées de leur mari, ayant même été pour Marie France battue durant des années. Le regard de la société les pèse, le sentiment d’être considérées comme des « parrias » les détruit et l’assemblée reste sans voix.


Prendre la parole pour faire changer les choses

Comment obliger un mari à verser une pension alimentaire ? Comment aider une femme seule avec deux enfants à trouver un logement ? Comment s’intégrer dans une société qui nous rabaisse? Comment se sentir femmes lorsque nous sommes réduites à mères ? Devant tant de détresse, l’assemblée n’arrive pas à rester stoïques, l’émotion grandit et les pouvoirs publics sont confrontés à une réalité qui leur échappait auparavant.

Elles ne sont pas seulement venues là pour se plaindre, elles souhaitent participer activement à changer les choses et proposent des solutions pour améliorer leurs conditions de vie « Il faudrait commencer à mieux former les conseillers pôle emploi, conseillers de sécurité sociale et de la CAF afin qu’ils soient en mesure de nous répondre sur les choix que nous possédons. » « Faciliter l’accessibilité des crèches et baisser leurs tarifs » ou encore « qu’on accepte de prendre nos plaintes lorsqu’on se rend au commissariat pour violences conjugales »

Difficile de rester sans émotion face à de tels témoignages. Et c’est avec la voix tremblante que la préfète du Puy de Dôme remercie ces femmes de s’être déplacée pour essayer de se faire entendre. « Nous sommes en 2019, il faut que les choses changent, je ne veux pas d’un monde pareil pour mes enfants » s’indignent ces mères en colère, lassées par leur situation.

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