Le Grand Débat National selon Jean-Paul Dufrègne

A l’issu du Grand Débat National initié par le Gouvernement, les journalistes en herbe de la section LPJP (Licence Professionnelle de Journalisme de Proximité) à Vichy ont débriefé à leur façon cette grande consultation citoyenne. En l’espace de trois heures, les étudiants en journalisme du Pôle Lardy ont fait le point sur cet évènement exceptionnel avec, à leurs côtés, de nombreux invités. N’ayant pu se déplacer, le député de la 1èrecirconscription de l’Allier, Jean-Paul Dufrègne (PCF) a bien voulu réagir à l’actualité chaude du moment.  

Jean-Paul Dufrègne lors du cérémonial, organisé à Fleuriel le 10 novembre 2019, célébrant le centenaire de l’armistice de la Grande Guerre

« Il a suscité beaucoup d’espoir »

Le Bon Terme : Le Grand Débat National va-t-il déboucher sur quelque chose de concret ? 

J-P. Dufrègne : C’est l’interrogation que beaucoup se pose. Il a suscité beaucoup d’espoir. Je souhaite qu’il débouche sur quelque chose de concret mais il ne sera jamais à la hauteur de l’attente de ceux et celles qui se sont lancés dans le mouvement des « gilets jaunes ». J’espère qu’il y aura quelque chose ; sinon ce serait une grande déception qui sera très préjudiciable pour la société tout entière. 



« Une consultation citoyenne doit être quelque chose qui contribue à nourrir la pensée » 

Le Bon Terme : Pensez-vous qu’il faille organiser régulièrement ce genre de consultation citoyenne ?

J-P. Dufrègne : On parle beaucoup du Référendum d’Initiative Citoyenne ! Je pense effectivement qu’il faut aujourd’hui aller vers une consultation plus fréquente des français concernant l’ensemble des sujets. Cela permettrait un temps de réflexion avant que les lois n’arrivent au Parlement. Il ne s’agit pas de convoquer un référendum tous les quatre matins !… mais je pense que sur la question de la participation des gros patrimoines à l’effort général, sur la question de la transition écologique… sur des questions comme celles-ci, on doit pouvoir y associer les français dans le cadre d’un débat afin de pouvoir valider ou pas certaines lois. Aujourd’hui, la population souhaite être consultée sur certains sujets. Cela est absolument nécessaire.  On ne peut pas avoir d’un côté, la société des sachant, de ceux qui décident les choses, et puis, de l’autre la société de ceux qui les exécutent. Une consultation citoyenne doit être quelque chose qui contribue à nourrir la pensée. 

« un débat, c’est la possibilité de rebondir sur les propos d’autrui en l’enrichissant ou en le contestant »

Le Bon Terme : Comment percevez-vous le débat qui s’apprête à être organisé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale ? 

J-P. Dufrègne : En réalité, le débat n’en sera pas véritablement un. Sur les quatre thèmes du Grand Débat National, chaque groupe pourra avoir des temps d’expressions proportionnels au nombre de parlementaires qui le compose. Certains auront donc beaucoup plus de temps que d’autres. Un quart d’heure nous sera accordé pour chaque thème. Ce quart d’heure pourra être divisé afin de répartir le temps de parole entre les différents intervenants du groupe. A l’issue du débat, une question sera posée sans aucun droit de réplique. Alors, on appelle cela un débat !… mais un débat, c’est la possibilité de rebondir sur les propos d’autrui en l’enrichissant ou en le contestant… or, ce ne sera pas sous cette forme-là !

« Je pense que ce gouvernement est aux l’aboies »

Le Bon Terme : Que révèle selon vous « l’opération sentinelle » qui a marqué l’Acte XVIII des « gilets jaunes », samedi 23 mars ?

J-P. Dufrègne : Je suis comme beaucoup interrogatif par rapport à la question de la mobilisation de l’armée. Je pense que ce gouvernement est aux l’aboies. Aujourd’hui, il semble incapable de régler la question des manifestations, y compris la question de la violence en marge de ces manifestations. Je ne confonds pas les citoyens qui expriment des revendications et ceux qui sont présents pour casser. Je condamne de manière très stricte ces actes qui n’ont pas lieu d’être dans un pays comme le nôtre. Mais à force de ne pas répondre… à force de pourrir la situation, on en arrive là ! Je pense que le gouvernement est véritablement en difficulté pour contrôler la situation. J’espère que tout cela ne va pas mal finir parce que petit à petit, le gouvernement créé une ambiance délétère.

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